Rejet de la loi OGM: «Une baffe retentissante» à Nicolas Sarkozy
Eric Feferberg AFP ¦ Le président Nicolas Sarkozy le 13 mai 2008 à Vienne
Le rejet de la loi OGM, pour cause de désertion des députés UMP, représente pour Nicolas Sarkozy et le gouvernement une «baffe
retentissante», qui doit autant à la «négligence» qu'à «l'exaspération» de la majorité, estiment ce mercredi les éditorialistes de la presse française.
«Nicolas Sarkozy voulait réévaluer le rôle du Parlement. Sa majorité vient d'exaucer ses vœux bien au-delà de ce qu'il souhaitait», ironise Laurent Joffrin dans
«Libération», avant d'asséner: «C'est un revers symbolique majeur que vient d'essuyer le gouvernement dans
l'affaire des OGM».
«Monumental raté»
Francis Brochet, dans
«Le Progrès», manie lui aussi le second degré en se demandant: «Où va-t-on, si les députés de la majorité votent comme
bon leur semble, en leur âme et conscience, sans suivre les consignes du Palais? Pourquoi pas une démocratie parlementaire, pendant qu'on y est!»
Les éditorialistes rivalisent d'imagination pour qualifier le rejet de la loi: «monumental “raté”», pour Jacques Camus dans la
«République du Centre», «baffe retentissante», pour Philippe Waucampt dans «Le Républicain lorrain», ou encore «malédiction», pour Michel Lépinay, dans «Paris-Normandie».
«Les oukazes de l'Elysée»
Mais Denis Daumin note, dans
«La Nouvelle République», que «tout n'est pas fortuit dans cette affaire cependant et l'absence
volontaire de députés UMP, élus de circonscriptions rurales pour la plupart, sonne comme un avertissement cinglant à l'exécutif».
Patrice Chabanet, dans
«Le Journal de la Haute-Marne», voit dans cet absentéisme des députés la traduction d'une «certaine exaspération face à ce
qu'ils ressentent comme des oukazes de l'Elysée».
«Une épine plantée dans le pied de la majorité»
L'autre raison, pour Jacques Guyon (
«La Charente Libre»), c'est que «la question des OGM reste toujours comme une épine plantée dans le pied
de la majorité». Et Hervé Favre (
«La Voix du Nord») d'ajouter: «Entre ceux qui (...) trouvent (le texte de loi) trop vert à leur goût et
ceux qui le trouvent au contraire trop favorable aux lobbys agricoles, les risques de défections étaient bien réels».
Il n'en reste pas moins que le spectacle offert par les parlementaires n'est pas glorieux, estiment plusieurs éditorialistes. Car «si une majorité réelle de l'Assemblée était contre la loi sur les
OGM, et qu'elle la rejette, il n'y aurait rien à dire, nous serions dans le fonctionnement normal de nos institutions», commente Jean Levallois dans «La Presse de la Manche». «Mais que, sur 577
députés, il ne s'en trouve que 271 dans l'hémicycle, pour un vote solennel sur une loi majeure, ce n'est pas acceptable».
Eric Feferberg AFP ¦ Le président Nicolas Sarkozy le 13 mai 2008 à Vienne
Avec agence
Source: 20Minutes.fr, éditions du 14/05/2008 - 08h31
dernière mise à jour : 14/05/2008 - 08h31
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